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8 mars, Journée Internationale pour les Droits des Femmes

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Officialisée par les Nations Unies en 1977, la Journée Internationale des Femmes trouve son origine dans les luttes des ouvrières et suffragettes du début du XXe siècle, pour de meilleures conditions de travail et le droit de vote.

C’est une journée de manifestations à travers le monde : l’occasion de faire un bilan sur la situation des femmes. Traditionnellement les groupes et associations de militantes préparent des manifestations, pour fêter les victoires et les acquis, faire entendre leurs revendications, afin d’améliorer la situation des femmes. Des rencontres de réflexion, des panels… sont organisés dans des écoles, par des institutions pour défendre les droits des femmes.

La Journée internationale des femmes reste aujourd’hui d’une brûlante actualité. “Car tant que l’égalité entre les hommes et les femmes ne sera pas atteinte, nous aurons besoin de la célébrer”.

Origine et évolution 

L’ONU parle de la journée internationale des femmes (c’est d’ailleurs l’intitulé officiel) alors que la France a plutôt tendance à privilégier la journée internationale des droits de la femme. Bien entendu la différence n’est pas anodine et nous laissons chacun (et chacune) se positionner selon ses préférences. Nous avons choisi de garder l’intitulé des Nations Unies mais nous n’en faisons ni une prise de position politique ni un casus belli avec les militantes les plus virulentes…

Une date unique dans le monde entier

La Journée internationale de la femme est célébrée le 8 mars de chaque année par des groupes de femmes dans le monde entier. Elle est également célébrée à l’ONU et, dans de nombreux pays, c’est un jour de fête nationale. Lorsque les femmes de tous les continents, souvent divisées par les frontières nationales et par des différences ethniques, linguistiques, culturelles, économiques et politiques, se réunissent pour célébrer leur Journée, elles peuvent voir, si elles jettent un regard en arrière, qu’il s’agit d’une tradition représentant au moins 90 ans de lutte pour l’égalité, la justice, la paix et le développement.

Des femmes qui ont fait l’histoire

La Journée internationale de la femme est l’histoire de femmes ordinaires qui ont fait l’histoire. Elle puise ses racines dans la lutte menée par les femmes depuis des siècles pour participer à la société sur un pied d’égalité avec les hommes. Dans l’antiquité grecque, Lysistrata avait lancé une “grève sexuelle” contre les hommes pour mettre fin à la guerre. Pendant la révolution française, des Parisiennes demandant “liberté, égalité, fraternité” ont marché sur Versailles pour exiger le droit de vote des femmes.

L’idée d’une Journée internationale de la femme s’est fait jour au tournant des XIXe et XXe siècles, période caractérisée dans le monde industrialisé par l’expansion et l’effervescence, une croissance démographique explosive et l’émergence des idéologies radicales.

Repères chronologiques

1909 – Conformément à une déclaration du Parti Socialiste américain, la première Journée nationale de la femme a été célébrée sur l’ensemble du territoire des États-Unis, le 28 février. Les femmes ont continué à célébrer cette journée le dernier dimanche de février jusqu’en 1913.

1910 – L’Internationale socialiste réunie à Copenhague a instauré une Journée de la femme, de caractère international, pour rendre hommage au mouvement en faveur des droits des femmes et pour aider à obtenir le suffrage universel des femmes. La proposition a été approuvée à l’unanimité par la conférence qui comprenait plus de 100 femmes venant de 17 pays, dont les trois premières femmes élues au Parlement finlandais. Aucune date précise n’a été fixée pour cette célébration.

1911 – À la suite de la décision prise à Copenhague l’année précédente, la Journée internationale de la femme a été célébrée pour la première fois, le 19 mars, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse, où plus d’un million de femmes et d’hommes ont assisté à des rassemblements. Outre le droit de voter et d’exercer une fonction publique, elles exigeaient le droit au travail, à la formation professionnelle, et la cessation de la discrimination sur le lieu de travail.

Moins d’une semaine après, le 25 mars, le tragique incendie de l’atelier Triangle à New York a coûté la vie à plus de 140 ouvrières, pour la plupart des immigrantes italiennes et juives. Cet événement a eu une forte influence sur la législation du travail aux États-Unis, et l’on a évoqué les conditions de travail qui avaient amené cette catastrophe au cours des célébrations subséquentes de la Journée internationale de la femme.

1913-1914 – Dans le cadre du mouvement pacifiste qui fermentait à la veille de la Première Guerre mondiale, les femmes russes ont célébré leur première Journée internationale de la femme le dernier dimanche de février 1913. Dans les autres pays d’Europe, le 8 mars ou à un ou deux jours de cette date, les femmes ont tenu des rassemblements soit pour protester contre la guerre, soit pour exprimer leur solidarité avec leurs sœurs.

1917 – Deux millions de soldats russes ayant été tués pendant la guerre, les femmes russes ont de nouveau choisi le dernier dimanche de février pour faire la grève pour obtenir ” du pain et la paix “. Les dirigeants politiques se sont élevés contre la date choisie pour cette grève, mais les femmes ont passé outre. Le reste se trouve dans les livres d’histoire : quatre jours plus tard, le tsar a été obligé d’abdiquer et le gouvernement provisoire a accordé le droit de vote aux femmes. Ce dimanche historique tombait le 23 février dans le calendrier julien qui était alors en usage en Russie, mais le 8 mars dans le calendrier géorgien utilisé ailleurs.

Depuis ces années, la Journée internationale de la femme a pris une nouvelle dimension mondiale dans les pays développés comme dans les pays en développement. Le mouvement féministe en plein essor, qui avait été renforcé par quatre conférences mondiales sur les femmes organisées sous l’égide de l’ONU, a aidé à faire de la célébration de cette Journée le point de ralliement des efforts coordonnés déployés pour exiger la réalisation des droits des femmes et leur participation au processus politique et économique. De plus en plus, la Journée internationale de la femme est le moment idéal pour réfléchir sur les progrès réalisés, demander des changements et célébrer les actes de courage et de détermination de femmes ordinaires qui ont joué un rôle extraordinaire dans l’histoire des droits des femmes.

Le rôle des Nations Unies

Rares sont les causes dont l’ONU assure la promotion qui aient suscité un appui plus intense et plus vaste que la campagne menée pour promouvoir et protéger l’égalité des droits des femmes. La Charte des Nations Unies, signée à San Francisco en 1945, était le premier instrument international à proclamer l’égalité des sexes en tant que droit fondamental de la personne humaine. Depuis, l’Organisation a aidé à créer un patrimoine historique de stratégies, normes, programmes et objectifs convenus au plan international pour améliorer la condition de la femme dans le monde entier.

Au fil des ans, l’action menée par l’ONU en faveur de la promotion de la femme a pris quatre orientations précises : promotion de mesures juridiques; mobilisation de l’opinion publique et de l’action internationale; formation et recherche, y compris compilation de statistiques ventilées par sexe; et assistance directe aux groupes désavantagés. Aujourd’hui, l’un des principes d’organisation centraux des travaux de l’ONU est qu’aucune solution durable aux problèmes sociaux, économiques et politiques les plus pressants de la société ne peut être trouvée sans la pleine participation, et la pleine autonomisation, des femmes du monde entier.


L’égalité est un droit fondamental de la personne humaine quelques soit son sexe, ses origines, sa culture et sa religion (Lemistral)

Selon l’article 2 de la Déclaration Universelle des Droits des Humains, adoptée en 1945, « chacun peut se prévaloir de tous les droits et toutes les libertés, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».

Dès lors comment comprendre la situation dans laquelle se trouvent les femmes dans le monde entier ?

Le respect de ces dispositions des articles 1 et 2 de la Déclaration Universelle des Droits Humains semble être non effectif, du moins à l’égard des femmes.

La discrimination et la violence à l’endroit des femmes sont bien une réalité comme en témoignent les nombreux trafics de femmes, les violences sexuelles, les mariages forcés, les bas salaires. Selon une étude, plus d’une femme sur trois a été violée ou victime d’abus sexuel ou de mauvais traitements au moins une fois durant sa vie. Le nombre de femmes victimes de violences atteint plus de 136 millions dans près de 40 pays.

On compte 40 millions de réfugiés dans le monde parmi lesquels les 75% sont des femmes ou des enfants. Cela témoigne à bien des égards de la vulnérabilité des femmes en cas de conflits.

Au plan politique et économique cette discrimination est encore plus visible. Le chômage touche plus les femmes. Les inégalités salariales existent dans tous les pays du monde, mais la précarité et le travail non qualifié sont le fait des femmes. Il faut ajouter à cela l’inégal accès aux opportunités d’avancement et aux postes de responsabilité. Le nombre de femmes ayant à leur charge des postes de responsabilités importantes demeure insignifiant. Les postes de directions occupés par les femmes dans tous les pays du monde ne dépassent pas 2%.

Les inégalités subsistent plus encore sur le plan politique. Moins de 5% chefs d’Etats des PDG des plus grandes entreprises et des dirigeants d’organisations internationales sont des femmes. En Afrique, sur les 55 états qui composent le continent, seules deux femmes sont élues présentes de leur pays. Ceci est dû au fait que seuls quelques états à travers le monde ont voté et adopté des lois relatives à la parité en matière politique.

Cependant, l’apport des femmes dans la construction de la paix et dans les secteurs politique, économique et social est non négligeable. L’égalité apparaît ainsi comme la base sur laquelle repose le développement durable. Dès lors, il est nécessaire pour les Etats du monde, de préconiser des mesures qui puissent permettre la réduction du fossé existant entre l’homme et la femme, de juguler toute forme de discrimination et de violence faite à l’encontre des femmes pour arriver à une idéale égalité à tous les niveaux.

La réaffirmation de la volonté et engagement des Etats pris à la conférence de Pékin en 1995 et la refondation d’une législation internationale contraignante avec à la base des instruments de lutte contre la discrimination et violence à l’endroit des femmes semblent être d’une prééminence capitale.
De plus, il faut préconiser l’adoption de lois sur la parité au niveau de chaque Etat et des mesures et conventions sur le genre au niveau sous régional, régional et international. Cela permettrait d’offrir plus d’opportunité aux femmes à accéder au même titre que les hommes, aux postes de responsabilités politiques, dans l’optique de les impliquer davantage à l’élaboration des programmes et à la prise de décision.

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