Covid-19 : DE L’ENSEIGNEMENT VIRTUEL

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La Banque Mondiale avait, il y a plus de trois décennies, offert à l’Ucad du matériel permettant d’introduire l’enseignement à distance.  Sans doute du fait des contraintes financières liées aux programmes d’ajustement structurel, le projet n’est pas sorti des limbes. Disons des cartons pour parler concrètement. 

Mais la cellule mise sur pied sur les instructions de feu le Recteur Souleymane Niang pour l’opérationnaliser avait eu aussi toutes les peines du monde pour y faire adhérer les enseignants-chercheurs.

Par la suite, quelques établissements appuyés par la coopération française ou belge comme l’EBAD et l’ENS de Dakar (actuelle FASTEF) ont monté des cours en ligne payants à l’intention non seulement du public sénégalais mais aussi des pays de l’Afrique de l’ouest et de l’Afrique centrale. A cette offre de formation il convient d’ajouter celle de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) à travers son réseau de campus numériques – notamment celui de Dakar au Bureau Afrique de l’ouest – qui a appuyé notamment l’EBAD dans la diffusion de son télé-enseignement.

L’enseignement virtuel au Sénégal a donc sa petite histoire rappelée dans les lignes qui précèdent.

Il a des rendements externes performants, parfois plus élevés que l’enseignement en présentiel. Lorsque je dirigeais le Bureau Afrique centrale de l’AUF, nos taux de réussite au niveau licence en Foad – il y en avait plusieurs dans diverses matières et disciplines – étaient de l’ordre de 68 à 90%. Soit des pourcentages non atteints dans la plupart des universités et instituts de Yaoundé. C’est pour souligner que l’enseignement virtuel n’est pas et ne doit pas être de l’enseignement au rabais. Plus il est ouvert sur des collaborations internationales d’ailleurs plus il répond aux critères de qualité et d’excellence. La co-diplomation est de ce point de vue un label de plus en plus recherché.

Par ailleurs, les moyens technologiques disponibles ne servent pas qu’à enseigner. Avec une bande passante optimale, des soutenances de thèses, des séminaires et autres activités liées à la recherche peuvent être organisés dans le même cadre en visio-conférences. Pour aller dans cette direction imprimée par la société du savoir et l’économie de la connaissance, l’appui des entreprises de télécommunications et de l’État est indispensable. Les dépenses en énergie et en services internet ne sont pas à négliger.

Il y a une autre contrainte à prévoir pour l’extension de cette innovation pédagogique, c’est la disponibilité de l’électricité d’une part, de l’autre le calcul de la taille critique du public bénéficiaire pour justifier l’utilite d’une implantation sur tel site et pour telle accessibilité.

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